Jehanne Collard, avocate spécialisée dans la défense des victimes d'accidents a déjà publié de nombreux ouvrages dont Ma vie a commencé dans un fracas de tôles. Dans La peine de naître, elle partage les pages avec sa fille Eva Paul, 25 ans, qui poursuit ses études de droit pour devenir avocate.
Questions à Jehanne
Qui a eu l'idée de ce livre ? Et pourquoi ?
« C'est moi qui ai voulu l'écrire car ça correspondait à un besoin mais Eva était d'accord aussi. L'épreuve a été très dure. Ça fait souvent mal, mais c'était nécessaire et salutaire. Nous l'avons écrit chacune de notre côté. En parallèle. L'ouvrage a été accueilli très positivement par l'ensemble de la famille. Mais au-delà de notre histoire personnelle, j'espère que les lecteurs porteront un nouveau regard sur le handicap, c'est important pour Eva et pour moi. La société ne prend pas assez en compte le handicap. Il y a un vrai combat à mener. »
Vous remarquez un mieux dans les relations avec Eva ?
« Sans conteste. Ça a changé nos rapports. On dit souvent que l'écriture est une thérapie. Ça se vérifie. »
On sent, à la fin du livre, que vous êtes plus ouverte sur la spiritualité. Vous y puisez un réconfort ?
« Complètement. Je consacre ma vie aux victimes. Je crois que je ne pourrais pas continuer de faire ce métier si je n'étais pas tournée vers la spiritualité. Ça n'aurait pas de sens. »
Questions à Eva
Que représente ce témoignage pour vous et comment vous sentez-vous maintenant ?
« C'était un choix de ma part. Je voulais que ce livre soit utile. Il a servi à dénouer les relations entre ma mère et moi. Elle a pris conscience de beaucoup de choses. Elle arrive à comprendre que je ne suis pas si malheureuse. Mais je voulais aussi entraîner une prise de conscience plus générale sur le handicap et montrer qu'une personne handicapée peut mener à bien de beaux projets, malgré les difficultés du quotidien. »
Vous faites preuve d'un grand courage et d'une volonté à toute épreuve…
« Je me donne des défis en effet. Chaque étape est un challenge. Je fonctionne ainsi. C'est ce qui me fait avancer. »
Vous voulez toujours être avocate ?
« Oui, je persiste tout en étant consciente des problèmes. Mon projet ne plaît pas à ma mère. Je sais qu'elle a peur pour moi mais à trop vouloir me protéger, elle finit par me détruire sur ce rêve-là. »
Propos recueillis par Lyliane MOSCA
